Cette année TEP8 à le plaisir d’accueillir pour cette 11ème édition 7 compagnies sur 3 jours. Les représentations auront lieu au sein de l’Université Paris 8 à la Coupole (Maison de l’étudiant).
Les projets sélectionnés sont des pièces originales, pour certaines participatives, et des performances. Nous aimerions accentuer le lien aux spectateurs, et que ces formes soient accueillies dans les meilleurs conditions.
Voici un petit avant-goût des projets présentés:
ALIÉNOR, LES CONFESSIONS D’UNE REINE
Projet porté par la compagnie Briséis

Cette pièce propose une relecture contemporaine de la figure d’Aliénor d’Aquitaine, en faisant entendre sa parole comme si elle s’adressait directement au public depuis son antichambre. La pièce retrace les grandes étapes de sa vie, telles que son mariage avec Louis VII, sa rencontre avec Henri II, son rôle politique, ses combats, sa maternité et son rapport au pouvoir, le tout dans une forme accessible, vivante et portée par un ton complice. Dans cette pièce, Aliénor sort du récit historique figé pour devenir le personnage principal. La reine n’y apparait pas comme une icône lointaine, mais comme une femme pleine de volonté, traversée par des élans, des contradictions et une intelligence politique remarquable.
ISMÈNE REINE
Projet porté par La Républik des Gens Gentils
Ismène Reine imagine la suite du cycle thébain après la mort d’Antigone. Ismène, restée en vie, devient reine de la cité de Thèbes et tente de gouverner une cité encore marquée par la peste, les guerres vécues durant le règne des Labdacides et les malédictions qui pèsent sur sa famille et sur la ville. Pour apaiser le peuple, elle se tourne vers le culte de Dionysos et entraîne la ville dans un régime de fête, d’ivresse et de célébration collective. Mais vouer sa vie à l’ivresse et à l’euphorie ne suffit pas au peuple pour trouver la paix. La pièce interroge la responsabilité individuelle et collective face à l’effondrement d’un monde sous un angle positif et libérateur. Elle démontre que la responsabilité consiste à retrouver son pouvoir d’action et à comprendre que chaque geste construit ou fragilise la cité.

Mauve-rose
Projet porté par le collectif Le goût du feu

Mauve-Rose est une réécriture de Agreste (Mauverose) du dramaturge brésilien Newton Moreno, portée par le collectif Le goût du feu. La pièce, d’une durée d’environ trente minutes, s’adresse à un jeune public à partir de 8 ans, tout en abordant des thèmes particulièrement forts : le harcèlement, la différence, l’exclusion, les violences symboliques envers les minorités de genre et les couples queer. La forme courte et l’adresse à un public jeune donnent à la pièce une dimension pédagogique, sans renoncer à la dureté de certains sujets.
NOTRE NUAGE
Création collective portée par Han Du, Renyan Liu, Bainan Li, Ting Xiao et Qianhui Yang

Notre Nuage est une performance collective née d’un duo avant d’être élargie à cinq interprètes. Le projet met en jeu des corps, une bande-son d’environ trente minutes et des bâches en plastique suspendues ou posées au sol. Ces bâches évoquent le nuage par leur légèreté apparente, mais suggèrent aussi une menace étouffante. La performance explore, à partir des expériences de cinq femmes, personnes queer et immigrées asiatiques vivant à Paris, des situations de violence structurelle, d’invisibilisation, de fatigue, de contrainte et de disparition.
NOS SOLITUDES
Projet porté par la Compagnie À Nos Heures Perdues
Le projet explore le paradoxe d’un corps social composé d’individus profondément seuls. La pièce présente la solitude comme une condition de la rencontre réelle entre les individus. Ce projet insiste sur l’idée que faire corps ne signifie pas se dissoudre dans le groupe, mais plutôt préserver sa singularité tout en permettant à celle des autres de s’exprimer. Le bus devient ainsi un espace dramatique : il s’agit d’un lieu de proximité forcée, de voisinage sans intimité, de circulation des regards, des jugements, des paroles et des silences. La pièce interroge la possibilité de rejoindre le réel, partagé par le groupe, alors que l’individu se perd dans son monologue intérieur, espace intime qui lui est propre.

PÉCHERESSES
Projet porté par Léo Duquesne et Marion Verselle

Pécheresses se déroule dans une colocation habitée par quatre femmes, dont l’équilibre bascule lorsqu’un soir l’une d’elles rentre avec du sang sur les mains. À partir de cette situation initiale, la pièce déploie un huis clos tendu, où la chaleur du quotidien, l’humour, la tendresse et la sororité se heurtent progressivement à la peur, à la violence et à la question de la riposte. Le projet pose frontalement une interrogation centrale : une femme ou une personne minorisée peut-elle répondre à la violence par la violence, et jusqu’où ?
IA, 2054: Futur créatif
Projet porté par la Troupe de TEP8
Dans le futur, l’IA a pris une grande place et modifié les rapports qu’entretiennent les artistes et leurs publics. Retranchés, parfois ayant connu le succès, des artistes se réunissent pour interroger les notions de créativité, d’inventivité. En tant que résistant-e-s, pris dans le jeu (forcé) du futur, ils tentent de trouver des réponses grâce à l’art, en faisant œuvre, ensemble. Au fil de l’histoire, se rencontrent des problématiques intimes, sociales ; et l’intervention d’un robot des années 90 pourrait bien faire chavirer leurs perceptions. Entre réalisme, projections et absurdités, le spectacle de la troupe universitaire revisite le style punk, dans un futur orwellien.
